fiche de projet

Insémination des vaches en période de transition et stress métabolique

Projet intitulé:

Repousser à 120 jours l'insémination des vaches en stress métabolique: une idée à valider pour la santé et la rentabilité des troupeaux

Marc-André Sirard

Faits saillants

  • Un des problèmes récurrent de l’alimentation des bovins laitiers est la hausse marquée des besoins énergétiques durant la lactation. Les bonnes productrices n’arrivent simplement pas à ingérer toute l’énergie nécessaire à leur production.
  • On a beau augmenter la qualité des aliments il faut aussi repenser l’efficience alimentaire en fonction de la physiologie pour minimiser les conséquences de cette perte de poids.
  • Les vaches avec un niveau de BHB sanguin (corps cétonique dans le sang) de plus de 1,2 mM/L sont sujettes à l’acétonémie.
  • La productivité de nos vaches est toujours à la hausse avec une moyenne dépassant les 9000 kg pour les vaches de races Holstein et atteignant plus de 10500 kg pour le rang centile 90.
  • Ce niveau de production est certes un exploit mais représente aussi un danger. En effet, la barrière biologique commence à se faire sentir puisque chez les hautes productrices la production laitière est parfois associée à une fertilité réduite.
  • Comment peut-on rehausser la fertilité des vaches sans nuire à leur productivité ou à l’inverse comment est-il possible de maintenir ou même augmenter la productivité sans nuire à la fertilité ?
  • La solution réside potentiellement dans une meilleure compréhension des impacts de la production élevée sur le système reproducteur.
  • Il est possible de croire qu’un report de l’insémination du jour 60 au jour 120 post-partum selon le niveau métabolique de la vache permettra le retour de la balance énergétique et améliorera la fertilité ainsi que la longévité sans pénaliser monétairement le producteur laitier.
  • De plus, cette attente permet de produire une génisse de remplacement plus productive et plus fertile.

 

Objectifs

Grâce à une analyse économique et épigénomique, offrir aux producteurs les outils nécessaires pour déterminer l’état énergétique des vaches en lactation ainsi que les avantages et inconvénients économiques et biologiques à reporter l’insémination de vaches avec un niveau de BHB sanguin de plus de 1,2 mM/L).

 

Résultats et bénéfices potentiels

  • Pour la partie épigénétique, il est possible d’anticiper que les embryons seront différents entre les jours 60 et 120 particulièrement chez les vaches à BHB élevé. Cette distinction vise à choisir des marqueurs associés au statut métabolique. Comme les marqueurs identifiés sur les embryons seront aussi mesurés sur les tissus post-nataux afin de trouver des indicateurs de programmation métabolique, ces marqueurs pourront être validés sur des centaines d’individus afin d’obtenir la puissance nécessaire pour développer l’outil diagnostic.
  • Ces indicateurs pourront servir à plusieurs fins : suivi de troupeau pour choisir les génisses à garder, outil pour Boviteq pour moduler la valeur relative des embryons et animaux produits selon la production de la mère. Ces outils sont essentiels au développement de pratiques de gestion factuelles, basés sur des mesures à la naissance (biomarqueurs) et dans le lait (BHB) et adoptés rapidement par les producteurs.
  • Pour la partie économique, la modification dans le moment de la reproduction pourrait se répercuter négativement sur les résultats économiques pour les lactations actuelles et subséquentes des vaches dans un premier temps. Si on arrivait à cibler les vaches avec l’outil, il pourrait avoir alors potentiellement une économie d’argent. L’outil développé deviendra aussi un résultat de l’étude. Il sera mis à la disposition d’utilisateurs potentiels dans le but de conseiller les producteurs.
  • Les résultats de ce projet pourront donc se traduire en un nouvel indice à intégrer à l’offre de service disponible aux producteurs par leur centre d’expertise (Valacta). De plus, l’analyse effectuée dans le cadre de ce projet permettra d’obtenir des données probantes pour une suite soit, la validation à plus grande échelle en collaboration avec Valacta et leur banque de données.

 

Professionnels formés

Conformément à l’objectif du programme de former des compétences scientifiques et technologiques, la présente proposition permettra de former un étudiant au doctorat en génomique et un étudiant à la maîtrise en gestion technico-économique de l’entreprise laitière, les deux seront inscrits au Département des sciences animales de l’Université Laval.

 

Partenaires financiers

Entente de partenariat pour l’innovation en production et en transformation laitières (EPI 2015-2019) :

  • Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies
  • Consortium de recherche et innovation en bioprocédés industriels au Québec
  • Novalait