fiche de projet

La luzerne plus digestible est-elle rentable ?

Projet intitulé:

Quels gains pour les fermes laitières québécoises d’utiliser les nouvelles luzernes plus digestibles ?

Caroline Halde, Gilles Bélanger, Annick Bertrand, Édith Charbonneau, Annie Claessens, Rachel Gervais, Philippe Séguin, Gaétan Tremblay

Faits saillants

  •  L’utilisation de cultivars de luzerne plus digestibles (sélectionnés de façon conventionnelle [CONV] ou génétiquement modifiés [GM]) maintenant disponibles sur le marché devrait permettre d’étendre la période de récolte et de la rendre moins sujette aux aléas météorologiques, et ce, sans trop pénaliser la valeur nutritive du fourrage récolté.
  • L’utilisation de la luzerne GM plus digestible est par contre controversée au Québec et l’équipe de recherche pourra produire un avis objectif sur les performances de cette luzerne dans le contexte québécois.
  • La productivité et la valeur nutritive de ces cultivars de luzerne plus digestibles n’ont jamais été testées au champ sous les conditions climatiques du Québec.
  • Les effets d’une luzerne plus digestible sur les performances laitières et la dynamique de dégradation de l’azote in vitro méritent également d’être étudiés.
  • Dans ce contexte, l’objectif général du projet est d’évaluer l’intérêt d’utiliser une luzerne plus digestible sur les fermes laitières du Québec.

 

Objectifs

L’objectif général du projet est d’évaluer l’intérêt d’utiliser une luzerne plus digestible sur les fermes laitières du Québec et se décline en trois volets, dont les objectifs spécifiques sont :

1) Évaluer différents cultivars ou populations de luzerne plus digestibles (CONV ou GM) sous les conditions bioclimatiques du Québec pour leur rendement, leur valeur nutritive et leur persistance (Volet végétal);

2) Évaluer l’effet de l’utilisation d’une luzerne plus digestible combinée d’une diminution des apports en protéines métabolisables et des apports variables en énergie sur les performances des vaches laitières (Volet animal);

3) Évaluer les impacts technico-économiques de l’utilisation de cette luzerne sur les fermes laitières du Québec (Volet technico-économique).

 

Résultats et bénéfices potentiels

Volet végétal : Sous régime de gestion de coupe intensive (stade début boutons), le cultivar riche en pectine ainsi que celui avec des tiges plus digestibles ont produit un rendement saisonnier en 1re année de production inférieur de 0,57 t ha-1 et 0,65 t ha-1 respectivement à celui des deux cultivars témoins. Sous régime de gestion de coupe extensive (stade début floraison) en 1re année de production, le cultivar GM2 et celui avec des tiges plus digestibles ont produit un rendement de 0,80 t ha-1 et 0,84 t ha-1, respectivement, inférieur à celui des deux cultivars témoins. À la 1re année de production, les cultivars GM1 et GM2 étaient plus digestibles que les deux cultivars témoins : ils avaient une teneur en aNDF de 1% inférieure à celle des témoins et une digestibilité in vitro des fibres NDF de 3,9 à 5,1% supérieur.

Volet animal : La phase animale a été redessinée afin de confirmer l’absence de différence dans la digestibilité in vivo de la luzerne moins riche en lignines et celle témoin et vérifier l’hypothèse qu’une diminution des apports en protéines métabolisables est possible si les besoins en acides aminés essentiels et en énergie sont comblés chez les vaches laitières nourries d’une ration riche en luzerne. Comparée au témoin, l’utilisation du cultivar de luzerne faible en lignine n’a pas eu d’effet sur la digestibilité in vivo de la fibre NDF et les performances des vaches laitières. Une ration ayant un apport plus faible en protéines métabolisables, mais mieux équilibrée en acides aminés essentiels et plus riche en énergie a entraîné le maintien de la prise alimentaire, du rendement des composantes et de la production laitière corrigée, tout en augmentant de 21,5% l’efficacité d’utilisation de l’azote et en diminuant de 24,0% l’excrétion azotée. De tels changements apportés à la ration permettraient de réduire les rejets azotés dans l’environnement, et ainsi de diminuer l’impact environnemental de la production laitière.

Volet technico-économique : L’impact global de l’utilisation des luzernes plus digestibles sera calculé en fonction du bénéfice net de la ferme, permettant de conclure si ces luzernes s’avèrent rentables dans le contexte québécois de production (hiver, gestion de l’offre, coût des fourrages).

Professionnel formé

  •  Jean-Philippe Laroche (U. Laval, maîtrise en sciences animales avec mémoire, 2018-2020).
  • Marie-Soleil Boucher (U. Laval, maîtrise en biologie végétale avec mémoire, 2019-2021).
  • Yatandi Djiguiba (U. Laval, maîtrise en biologie végétale, 2018-2020).

 

Partenaires financiers

Appel de projets spécial en production et transformation laitières (2016-2021) :

  • Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG)
  • Consortium de recherche et innovations en bioprocédés industriels au Québec (CRIBIQ)
  • Novalait