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Chaire de recherche industrielle sur la biosécurité en production laitière

Chaire de recherche industrielle sur la biosécurité en production laitière

  • Production
  • Complété Complété
Budget total 4 300 000 $
Partenaires financiers Conseil de recherches en sciences naturelles et génie (CRSNG) Les Producteur(trice)s de lait du Canada Partenariat canadien pour l’agriculture – Programme de partenariat pour l’innovation en agroalimentaire (Gouvernement du Canada et ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec [MAPAQ])
Chercheur(e) principal(e) Simon Dufour
Juan Carlos Arango Sabogal
Collaborateur(s) DSAHR L’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec (AMVPQ) Lactanet Jean-Philippe Roy (UdeM) Gilles Fecteau (UdeM) Cécile Aenishaenslin (UdeM) Marianne Villetaz-Robichaud (UdeM) Pablo Valdes-Donoso (UdeM) Manon Racicot (Agence Canadienne d’Inspection des Aliments; ACIA) Herman Barkema (U of Calgary) David Kelton (U of Guelph) Dave Renaud (U of Guelph) Nathalie Bissonnette (Agriculture et agroalimentaire Canada; AAC) Marie-Ève Paradis (AMVPQ-DSAHR)
Établissement(s) Université de Montréal University of Calgary Université de Guelph L’ACIA AMVPQ DSAHR Lactanet AAC

Priorités de recherche ciblées

Santé et bien-être des bovins laitiers
Cette recherche a pour objectif d’étudier les pratiques de biosécurité actuellement en place sur les fermes laitières canadiennes. L’équipe souhaite aussi proposer des stratégies efficaces pour améliorer la surveillance et le contrôle des maladies infectieuses au sein des troupeaux laitiers.


Résumé du projet

La biosécurité est la première défense pour garder les troupeaux en santé et éviter des pertes économiques liées aux maladies. Pourtant, ces pratiques ne sont pas toujours bien adoptées dans les fermes laitières.

La Chaire de recherche de biosécurité en production laitière travaille à développer des solutions de biosécurité simples, efficaces et abordables. En collaboration avec des médecins vétérinaires et des producteur(trice)s laitiers, l’équipe de recherche étudie les pratiques actuellement employées au Canada, identifie les freins à leur adoption et teste des stratégies pour bien identifier, prévenir et contrôler plusieurs maladies comme la diarrhée virale bovine, la paratuberculose, la leucose ou la mammite. Grâce à des outils de diagnostic et des recommandations adaptées, le projet vise à réduire les risques sanitaires, améliorer la productivité et protéger la santé des troupeaux et producteur(trice)s laitiers. En bref, il s’agit d’offrir aux fermes laitières des moyens concrets pour garder leurs animaux en santé, tout en optimisant la rentabilité et la durabilité des fermes.


Résultats obtenus

1. Pratiques de biosécurité et freins à l’adoption

Les études menées par la chaire auprès de plus de 4 000 fermes ont montré que les mesures de biosécurité externe, comme celles liées à l’introduction et au mouvement d’animaux, sont peu appliquées. Les recommandations vétérinaires sont mieux suivies lorsqu’elles concernent les visiteurs ou l’équipement (70 %), mais moins pour les animaux (<50 %). L’équipe de recherche a développé des outils basés sur l’intelligence artificielle pour générer des recommandations personnalisées, augmentant leur potentiel d’adoption. Beaucoup de producteur(trice)s et productrices avaient une opinion très positive de la rencontre avec leur médecin vétérinaire consacrée à la biosécurité, réalisée dans le cadre du programme proAction. En revanche, le programme lui-même était souvent perçu comme administrativement exigeant et redondant, notamment en raison de sa répétition aux deux ans. L’ajout d’un aspect de benchmarking de leurs pratiques de biosécurité (par exemple, par rapport aux autres fermes de leur province) était perçu comme un outil intéressant, susceptible de leur permettre de valoriser leurs efforts. 

2. Maladies étudiées

  • Diarrhée virale bovine (BVD) : 88 % des fermes vaccinent contre cette maladie, mais le virus reste présent (détecté dans 61 % des fermes en Alberta, 9% en Ontario, 20 % au Québec). La vaccination protège donc les troupeaux contre la maladie, mais n’éradique pas le virus lui-même. Il serait donc hasardeux de cesser la vaccination.
  • Paratuberculose : La PCR (technique de diagnostic moléculaire) sur fèces s’avère plus efficace que l’ELISA-sérum (test immunologique pour repérer des anticorps) pour détecter les vaches infectées.
  • Leucose : Un test ELISA du lait de réservoir permet d’estimer la proportion de vaches infectées dans un troupeau. Un test sur les échantillons de lait individuels prélevés lors du contrôle laitier permet de déterminer si une vache en particulier est infectée (sensibilité 92 %, spécificité 98 %). Ces deux tests sont maintenant disponibles chez Lactanet. 
  • Salmonella Dublin : Cet agent pathogène serait présent dans 7 % des troupeaux. Le risque qu’un troupeau soit positif pour S. dublin double avec chaque tranche de 10 animaux achetés par année, soulignant l’importance de la biosécurité lors de l’introduction d’animaux.
  • Influenza H5N1 : Contribution des chercheur(se)s de la Chaire à l’élaboration de la stratégie québécoise de surveillance et prévention.
  • Mammite : L’analyse de 27 000 échantillons a montré que le comptage de cellules somatiques (CCS) reste l’indicateur clé pour diagnostiquer les mammites sous-cliniques. Le comptage différentiel du CCS (DCCS) apporte une amélioration très modeste au diagnostic. 

3. Retombées potentielles

Ces travaux ont identifié des pistes pouvant réduire les pertes économiques, limiter l’usage des antibiotiques et renforcer la résilience des fermes face aux maladies.

4. Faits saillants

  • Plus de 7 000 échantillons analysés sur 3 759 fermes laitières canadiennes pour la diarrhée virale bovine.
  • 339 troupeaux et 2875 vaches testées pour la paratuberculose.
  • 93 troupeaux et 700 vaches testées pour la leucose bovine.
  • 345 réservoirs testés pour les agents pathogènes de la mammite et pour la paratuberculose.
  • Des données de prévalence pour la leucose bovine, la diarrhée virale bovine, la Salmonella Dublin, la mammite et la paratuberculose
  • Dépôt d’une déclaration d’invention pour des recommandations automatisées.
  • Nouvelles valeurs de référence pour le dépistage de la mammite et la leucose
  • Prototype de rapport annuel, par province et pour le Canada, permettant de décrire, à partir des données proAction, l’adoption des mesures de biosécurité et les recommandations d’amélioration de la biosécurité faites par les médecins vétérinaires.

Principales réalisations

  • Site web de la chaire de recherche
  • Formation de nombreux étudiant(e)s gradués et embauche de professionnels (10 stagiaires, 5 doctorants, 6 professionnels)
  • Multiples communications scientifiques (voir le site web)